"Quand les rêves deviennent réalité, la vie prend une saveur de sucre d'orge. Nous sommes vraiment trés gourmands."

Le Trabucs Mont Blanc :
6 jours
8500 m de d+
180 kms
15 h de portage
90 barres de cereales
0 crevaisons
5 jours de soleil et 1 jour de pluie
40 bieres
8 kgs par sac à dos...

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ETAPE 1 : CHAMONIX - COL DE FORCLAZ (SUISSE) / la trace ici

Départ sous la pluie, la boue.... Mais belle trace.... Gamelle conne quasi a l’arrêt en bas d'une descente... Côtes fracassées, oedème, ko pour Boubi... Au mental en mode warrior.... Un single en balcon superbe.... Un coup de télésiège à 18 euros ! çà sent la Suisse !!!... La haut. 2200 mètres , 6 degrés, morts de froid.... On monte a 2400.... Pluie et brouillard.....on bascule et la WAOUHHHH tout s'ouvre sur une haute montagne verdoyante.... Plus de pluie, de la lumière.... On se fait 1200 m de DH de folie avec tout de même un trés bon grip..... Les vtt pourraves... Zac dans la rivière pour le nettoyage.... Une dernière grimpe trés raide pour atteindre le col de la Forclaz en Suisse et notre gite sous le soleil !
Terrasse, apéro et lessive des shorts

1200 m de d+ et quasi tout en single !

Demain le réveil va être trés dur pour mes cotes mais il ne faut rien lâcher et serrer les dents : 50 km avec glacier suisse et 1800 de d+ au programme.
Je vais mourrrrrirrrr la bas !

 

ETAPE 2 : COL DE FORCLAZ - LA FOULY (SUISSE) / la trace ici

Lever 6h...
15 min sous la douche brulante pour décongestionner les cousteilles. A travers le velux un mix de ciel bleu, de nuages et quelques gouttes...croisons les doigts et les tartines de pain au camembert Suisse... Une fois sur la selle c'est un ciel bleu qui nous sourit et ne nous quittera plus de la journée. Et quelle journee, voila la TMB de plein fouet. Une visite au pied de l'impressionnant glacier du Trient en suivant le beau sentier interdit des glaces :-)... Au pied du glacier nous sommes tout petits et dire que jp voulait passer par la crête du géant des glaces tout là haut !!! T'es fou jpppp !
La suite : un portage de 1h30 mené tambour battant histoire de mettre loin derrière nous un groupe de marcheurs et son mulet. C'est pentu, trés pentu, ça tire sur les cotes mais nous prenons une hauteur folle sur la vallée...
Une fois au sommet, devant nous le single alpin serpente à l'infini. Plein gaz dans une descente qui virevolte droit dans le pentu. Les marcheurs s'écartent pour nous faire la hola les yeux équarquillés, "mais qui sont ces martiens la face mouchetée de bouse et de boue avec une odeur de plaquette chaude ??"... Chris aura droit à sa photo avec une japonaise, son portrait partant au pays du soleil levant.
Passages de torrents, coups de poussettes, runs endiablés, c'est de la folie de haute montagne.



Le sentier remonte en sous bois pour rejoindre la courte pause déjeuner, nous avons du pain sur la planche.
Encore une belle remontee sur les hauts du lac de Champaix.... Réunion de la cgt pour savoir si on fait la version soft ou la version hard. La reponse tombe vite : harddddd !
Et qu'il fut bon ce petit sentier forestier montant et menant à une dh de Fouly comme on en reve et comme la tmb semble en regorger. C'est à bloc que nous arrivons dans l'immense vallée glacière de Val Ferret.
Image d'épinal Suisse, tout est propre et à sa place, une maquette.
Ça monte, ça monte toujours et ça finira par porter sur le dernier trés long single en rive gauche de l'eau. Paysages somptueux, cascade et mal aux jambes.
Une arrivée à la Fouly version imax avec le glacier de la Neuve sous le nez et notre chalet suisse grand luxe.



1700 de d+, 37 kms, 2h30 de portage, 11 barres de cereales, 5 tablettes de chocolat suisse, des dizaines de kms de single.....et des sensations à la pelle

La Foulie pour ce jour 2 de notre tmb !!

 

ETAPE 3 : LA FOULY - COURMAYEUR (ITALIE) / la trace ici

Hier soir avant le coucher, une joute autour de la carte ign s'engage pour savoir si demain les éperons rocheux passeront ou ne passeront pas.... Foi de Redox engagée, nous gardons tout le menu au programme...
Juste avant de dormir ce même coquin de Redox nous glisse à l'oreille une révélation qui nous glace sur place : aprés la journée de ride pour rejoindre le gite du soir il faudra avaler 600 m de d+ !!!!!
"T'es fouuu, en plus la piste à l'air de faire 20% et il existe un téléphérique à Courmayeur..."
Nuit difficile pour tous en dortoir, rêvant à ce téléphérique qui juste ce jour là serait en réparation, et réveil version nipponne pour patepic et mp :-)

8h, dej dans le cornet nous quittons sous le brouillard la Fouly pour cette fameuse ascension titanesque sur le papier menant au grand col Ferret. Fort heureusement c'est un trés bon chemin au parfum écossais qui nous hisse dans cette verdoyante vallée. Nous allons avaler 1000 m de positif en 10 kms sur une pente difficile. Redox, chrisking et Patepic donne la cadence alors que boubi et mp sont en mode millimétré.

A mi hauteur nous perdons la notion d'espace, sommes nous en irlande ou au népal ? Ce n'est pas cette magnifique yourte qui va nous faire penser le contraire.

Le portage commence, toujours plus haut. Dans la brume, seules les petites taches fluo des couvres sacs permettent de garder le cap.
On remonte sur le vélo pour s'arracher sur un trés bon sentier plus calme.
Le soleil déchire la brume, fracasse les nuages et d'un seul coup on s'aperçoit que nous évoluons sur un sentier en balcon suspendu dans le vide. Grosse pensée pour Pipiu qui ne dessererait pas les fesses de la journée.

La magie du tmb opère quand l'entente entre marcheurs et riders est au rendez vous, des bonjours dans toutes les langues, des bravos et des "give me five" vous redonnent la pêche.
Le paysage est totalement merveilleux ! Nous cotoyons les anges.
Le soleil brille pour de bon quand nous passons la porte du paradis localisé, il faut le savoir, au grand col Ferret.



Benvenito en ITALIA !

Les géants de glaces italiens nous explosent d'un seul coup les yeux et la vallée trés loin en bas nous fait tourner la tête.
Voilà , tout est pris en un regard, nous en rêvions de ces moments. Nous y sommes !
Le sentier s'étire dans la pente comme un ruisseau qui veut rejoindre la vallée.
Une descente bien pentue, bien tendue sous les yeux des belles italiennes aux bongiornos chantants. Mais attention de ne pas quitter le sentier des yeux pour la belle sous peine de se retrouver quelques centaines de mètres plus bas.
Le gite Elena pour un petit expresso italiano et nous attaquons la longue traversée de la vallée sous le regard des nombreux glaciers tous plus impressionnants les uns que les autres.
Mais par descente de vallée, comprenez plûtot, portage pour accrocher un nouveau sentier en balcon d'une longueur grisante. Du mamelonnant dans des décors sortis d'un livre d'image. Chaque portion de descente est prétexte à un tchou tchou des plus excitants.
Un dernier effort sur la selle pour rejoindre le refugi di bertoni et son belvédère sur Courmayeur et ses glaciers. Tient nous sommes sous le pic du mont blanc côté italien.

Aprés la porte du paradis voici la porte de l'enfer et son dédale interminable tout en technique, épingles, dalles, rigoles en rocailles. Un must du genre, une des meilleures descentes que nous avons ridé tout pays confondus. Les petits diables que nous sommes chauffons la braise des plaquettes et bondissons d'épingles en épingles pour venir à bout de ce long moment de bravoure.

La banane aux lèvres, nos fourches infernales portées au blanc, nous attérissons à Courmayeur.

Vite le téléphérique svp. Gracie mile pour les 500 m de positif mécaniques.

Cerise sur le tiramisu, à la sortie de la cabine :
"jp il est où le gite ?"
"Euh faut demander je crois que c'est celui ci à deux pas"
On demande à un italien et là c'est le drame :
"Mah que le refugi de ollier sere là haut, prene la pistade qui monte como un muro per vente minuti de PORTAGIO !!!"

Là le parmigianio est rapé et c'est avec un rythme de pizzaiolo que nous poussons pour atteindre un petit coin de paradis qui vaut tous les efforts du monde.
C'est sur la terrasse de notre gite perché dans les nuages que nous revivons notre excellent ride et passons définitivement en mode DOLCE VITA.

31 kms 1700 d+ et 168 bongiorno.... Et 45 "jpppppppp..... Ta race"

 

ETAPE 4 : COURMAYEUR - CORMET DE ROSENLAND (FRANCE) / la trace ici

La journée de tout les superlatifs. Le dictionnaire en manque et il me faudra piocher dans ceux de marry poppins : SUPERQUALIFRAGILISTIQUE !! et encore le mot est faible....

Grand soleil sur les cimes enneigées et les glaciers parés de bleu azur pour un départ tout en poussage. Rien de mieux pour chauffer les muscles qu'un bon portage, c'est bien connu !
Redox assure en tête de la colonne et donne du rythme à notre équipée qui depuis le premier jour ne chaume pas. Ajoutons à cela le petit jeu du maillot à pois et chaque fois que nous pouvons battailler sur la selle, les pedales s'enflamment et même des coups d'épaules déguisés s'improvisent pour bloquer un challenger.

Sur notre droite le massif du Mont Blanc nous sort le grand jeu et nous étale tous ses beaux atours : glaciers aux langues plus spectaculaires les unes que les autres, dents acérées, cimes tutoyant les 4000, extraordinaire.
Nous arrivons au premier point haut avec sous les yeux le berceau d'un ancien glacier d'une taille monumentale.
Place à la première descente du jour, un saut carpé de 500 m sur une terre grise shapée par les randonneurs. Un petit train s'engage alors, ça sautille de partout, les roues arrières vont chercher les appuis sur les talus herbeux pour ne pas perdre le wagon de devant. Les marcheurs sous le choc s'écartent aux bruits des glissades de nos bolides. Plein fer jusqu'à la rivière turquoise de la Seigne.

Une autre fantasmagorie de dame nature qui peut faire jalouser Yosemite : la plaine et le col de la Seigne sont une pure merveille.
La plateau traversé, il faut attaquer la trés dure piste en zigzag. Un coup de pédale aprés l'autre pour gagner quelques dizaines de mètres de positif à chaque lacet.
Saignes moi si tu veux ! Le dernier cafe italien au palier intermédiaire redonnera un peu de gouache pour grimper encore et encore jusqu'à la frontière entre l'Italie et la France.

Au col venté, le voilà enfin, le dieu des Alpes, le maitre de l'europe, le pic du Mont Blanc nous récompense par son rayonnement hypnotique.

Gopro on, sac vérouillé, protecs sanglées, suspensions ouvertes....
Tu veux jouer au petit cabri dans la vallée qui s'efface devant toi ? oui, alors laches les freins....
Un run vitesse grand V pour le club des 5, ça va jouer de la trajectoire, mp va mettre sa roue malade dans des positions ostéopathiques. Ca va tenter du bloc pass gourmand et des freinages glissants controlés. Voilà deux descentes qui nous ont vraiment comblé.

Une petite route goudronnée panoramique nous dépose au hameau des Chapieux
A partir de là nous passons en mode tour de france. On fait péter nos cuissards moulants, une épilation rapide et nous attaquons le Cormet de Rosenland. Les plus frais aspirent dans leurs roues bienveillantes le plus faible, c'est le team spirit.



Le cornet est plein quand nous passons ce Cormet, porte du Beaufortain.
Un autre bout de goudron en descente, un soupçon de chemin montant et nous touchons terre au chalet du Mya....

Dans nos mains une bouteille de biere blanche du mont blanc, dans nos coeurs une journée au coeur du mont blanc.

1700 m d+, 37 kms, 1 photo nipponne, 5 bravos, 1000 sourires

 

ETAPE 5 : CORMET DE ROSENLAND - LA CONTAMINE MONTJOIE / la trace ici

La journée des 5 mutants roses aura lieu aujourd'hui. Si nous avions eut une boule de cristal pour prédire l'avenir nous aurions surement repris quatre fois des crozets hier soir.

Le début de la parade, sous les nuages, commence comme tous les jours sur le tmb par une échauffement dans l'effort. Pour changer un peu celui ci se fera sur une piste pentue mais roulante de 300 m de d+.
Au sommet, la vue sur le lac de Roseland est superbe. Sans trop attendre, trépignants d'impatience, nous sautons dans la descente. Ce sera une incursion en Boue ForTeint, petite province gluante du Beaufortain. Le petit plaisir coupable est quand même là et le tour du lac qui s'en suit offre des panoramas somptueux sur le Pic du Mont Blanc et le barrage.

Le soleil estival s'invite définitivement à notre surprise partie quand nous pénétrons dans la belle vallée du lac de la Gittaz. Dans ce mirroir se reflète les sommets environnants et nos ombres encore toutes guillerettes.
Au fond de la vallée, nous avons du rater le panneau voie sans issue ! Face à nous se dresse une muraille de roche et de verdure. D'un seul coup, nos ombres s'enfuient en courant. Le pannonceau indique col du bonhomme : 2h45 !!! Cela va être notre fête.

Nous poussons, portons, piétinons sur un sentier très raide qui essaye de s'échapper de cette vallée perdue. Toujours sur un rythme soutenu, tous groupés, nous gagnons les niveaux supérieurs. Le sentier vire dans une veine entre deux pics et nous offre une progression dans une gorge taillée dans la roche. C'est un décor de film d'heroic fantasy, dans lequel nous aimons nos roles de guerriers.

Nous croisons des marcheurs et entre deux respirations asmathiques, nous demandons si la nature va être un peu plus clémente au devant. La réponse tombe comme un couperet : "là, cela se calme 10 min et aprés le final est un mur"

En effet, nous sommes presque à quatre pattes pour venir à bout de ce morceau de bravoure.

2h20 de portage et nous voilà juste sous le col de ce maudit Bonhomme. On lui fait le pied de nez en s'offrant la seule sieste de notre tmb.

Du col la vue est extraordinaire dans toutes les directions.
De là nous apercevons au loin notre terrain d'atterrissage : la Contamine Monjoie.

Notre joie plutôt, à la vue de la megavalanche qui s'offre à nous. Une descente technique à souhait dans laquelle nous devons gérer les obstacles et les nombreux marcheurs encore une fois surpris de nous voir dégringoler à vive allure un mur qu'ils ont tant de mal à monter.
Au pied du toboggan géant nous avons bien mérité une pause café et enfin une tarte à la myrtille tant espérée et jamais autorisée par le grand tour opérator.
Un pont romain jeté au dessus d'un canyon tumultueux marque le début d'une seconde volée de bois vert pour nos jambes.

Nous entrons dans la forêt humide pour suivre un long sentier qui monte puis descend bien sympathiquement puis remonte avec des passages bien tendus et des bons coups de portage pour enfin se jeter dans le fond de l'épaisse forêt.
Un enchainement d'épingles et de franchssements trial très techniques mais joueurs et jouissifs. Un pur moment de pilotage.

Nous voilà joyeux, repus, trempés de sueur au village de la Contamine Montjoie.
Nous savions depuis hier que ce village était pour nous symbole de dépassement de soi. Notre guide dans son grand festival de pantalonnades à la De funes, nous a dégotté un gite juste 700 m de positif au dessus ne nos têtes bourdonnantes.



Patepic, dans un grand moment de détresse, lance à qui veut l'entendre : "Que je trépasse si je faiblis à la contamine monjoyyy"

C'est parti sur du goudron pour commencer....puis vient la piste. Non ce n'est pas un rêve éveillé, face à nous un mur sur lequel il faudra batailler pendant presque 1h30 entre longs poussages et courtes parties pédalées.
Nous ne trépasserons pas et vaincrons la muraille avec à l'arrivée une récompense énorme : notre gite en bois dans une clairière juste sous un glacier.

"Bonjour madame"
"Bonjour messieurs, ici vous avez le dortoir, là les wc et là le coin pour vous laver"
"Super et les douches svp madame ?"
"Ah ici il n'y en a pas et pas d'eau chaude non plus"

Fallait voir nos têtes de forças du mont blanc à l'énoncé de cette nouvelle.

"Jppppp !!!! A m'en donné faut faire des choix ! Soit on t'enterre, soit on t'immaule !"

Et nous voilà, sur le tmb, au pied d'un glacier, nus comme des verts, dehors en train de se laver avec de l'eau à 10 degré. Rigolants, enchantés par ces lieux, cette douche rocambolesque et cette extraordinaire journée démoniaque au pays des mutants.

42 kms, 2200 m d+, 4h de portage et un trou à creuser

 

ETAPE 6 : LA CONTAMINE MONTJOIE - CHAMONIX / la trace ici

Assister à un lever de soleil sur un glacier et les cimes environnantes cela n'a pas de prix, même celui de l'éprouvante ascension finale encore gravée dans nos mollets.

Petit déjeuner spartiate, en fait le Truc doit être une auberge russe dédiée à la préparation des commandos.
Nous attaquons sur le plat. Euh non pardon, en montée. Douce et dans un cadre enchanteur et frais.
Une bonne petite descente à froid, hydraulique légèrement mortifiée à l'idée de se faire secouer de si bon matin, nous ramène dans une ambiance boueuse.
Quelques coups de reins histoire de se mettre dans une ambiance un peu plus caliente et nous sommes prets pour attaquer un sentier en balcon légèrement glissant, voir à racines expéditrices. Heureusement, si tot, pas de marcheurs car le moindre freinage d'urgence se transformerait en boléro de ravin.

Au pied de l'ascension du col de Voza nous n'avons pas encore allumé le super compteur journalier du portage. Comme des gosses à qui on a promis qu'il n'y aurait pas d'épinard au menu, nous suivons en toute quiétude le guide qui tient une forme de jeune premier.
Que nenni, tu vas les bouffer tes épinards gamin ! D'abord une cuillère de ci de là, puis tu as droit à la bonne grosse louche sous un soleil de plomb.

Le col, sauvé. Café saveur plaisir absolu. Au dessus de nous le nid de l'aigle, à deux coup d'oeil de lui, l'aiguille du midi, tout autour le monde des glaces.

Tous en coeur : "tient un tramway ! Il ne descend pas Chamouny ?!". Il faut dire qu'une légère sensation de fatigue commence à pointer le bout de son nez.

Plein gaz sur les Houches....chaudes, sont les trajectoires que nous négocions sur ce petit layon forestier pentu et glissant.
A l'entrée d'un passage hardcore sur lequel nous hésitons et semblons décidé à passer en mode ballerine. Une valeureuse mamie nous décoche un : "ah je vais vous regarder descendre, voir si vous passez car mon petit fils le fait"
Electro choc, passage en mode oumpa oumpa, casque haut devant mamie et gaz dans le passage. Non mais !

Les Houches, pied de la dernière difficulté du jour. Une montée exténuante sur une route raide. Saupoudrée par notre Honoré Janin, intrétable, qui ne vous fait pas avaler son plat de goudron sans le larder d'un petit sentier grimpant et poussant.

Sommet atteint à l'Issert, maillots trempés, faces des spartes bien marquées.
La cerise sur le tmb, le balcon de Chamonix. Avant de le savourer, un casse croute face au glacier du Bosson simplement unique.
Pour digérer, une monstrueuse descente en sous bois qui vaut son pesant de plaquettes. Un run de folie en mode whistler où les sauts sur dalles rocheuses cotoient les pif paf les plus acrobatiques. Le sol d'épines de pin est balafré de nos traces toutes en pleins et déliés qui dansent de bonheur. Une partition que nous aimons tant jouer sur chaque descente de la tmb et qui prend ici sur cette dernière mesure une proportion philarmonique.


Au tombé de rideau, nos premiers applaudissements sont pour notre chef d'orchestre. Lui qui vient de nous offrir son plus grand concerto en jp majeur.
Les suivants sont pour nous, le club des 5 mutants roses qui viennent de boucler avec vélocité et pugnacité leur TMB, version dure.
Les derniers au grand maître de l'europe, le Mont Blanc.

Quand les rêves deviennent réalité, la vie prend une saveur de sucre d'orge. Nous sommes vraiment trés gourmands.

1200 m d+, 28 kms, 1h de portage.